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Danxomé : Chroniques d’un royaume à l’histoire mal racontée

Episode 2 : Tassi Hangbé, la reine oubliée

Après le règne du roi Houegbadja, fondateur du royaume, son fils Akaba, prit la succession du royaume. Connu pour avoir donné à ce dernier le nom de Danxomé, Akaba aurait régné, selon de nombreux historiens de 1685 à 1711. En fait, ce dernier est mort en 1708 et les quatre dernières années ajoutées à son règne sont, en fait, celles du règne de sa sœur jumelle, Tassi Hangbé, la reine oubliée.

Dans le ventre de Dan

En 1685, après la mort de son père Houegbadja, Houessou prend le nom fort d’Akaba. C’est durant son règne que le royaume sera nommé Danxomé. La plupart des récits sur le choix du nom sont vrais, à un détail près. Historiquement, en effet, le palais de Houégbaja était situé non loin de la maison d’un chef Guévédi appelé Dan, qui était hostile à son intronisation. Houégbabja, ne voulant pas créer de conflits, se tint éloigné de lui et de ses proches. Il conseilla même au prince héritier, Houessou, d’établir de bonnes relations avec lui. Pourtant, un jour, alors qu’Akaba allait chasser, un incident va mettre fin à toutes les dispositions pacifiques du prince envers Dan. Pour chasser, Akaba empruntait souvent un chemin se trouvant sur les terres de Dan. Alors que le futur roi l’empruntait un matin, ses deux chiens tombèrent dans un trou creusé sur le chemin, savamment camouflé. Conscient qu’il venait d’échapper à une embuscade préparée par Dan, Akaba décide de se venger en le tuant. Mais contrairement à ce qui est raconté, Akaba n’a pas construit sa case en posant le piquet central de cette dernière dans le ventre de Dan, comme le racontent la plupart des livres d’histoire (ndlr : Danxomé signifie « dans le ventre de Dan »). « Dans le ventre, c’est juste une image. En fait, Akaba a construit son palais princier dans la résidence de Dan. Ici à Abomey, vous ne trouverez aucune trace de ce qui reste de sa maison, puisqu’il s’agit tout simplement du palais princier d’Akaba », explique Gabin Djimassè. Une fois roi, Akaba créera le poste de Migan, le premier ministre. Il aurait également remporté la guerre contre les ‘’Ouemènou’’, des ennemis voisins. Mais cette guerre, si Akaba l’a commencée, sera achevée par sa sœur jumelle Tassi, la seule femme ayant régné sur le Danxomé.

Sa majesté Tassi Hangbé

Les premiers enfants du roi Houegbadja étaient des jumeaux, un garçon et une fille, qu’il a respectivement nommés Houessou et Tassi. Naturellement, le trône est revenu à Houessou qui régna sous le nom d’Akaba. Durant le règne de ce dernier, le Danxomé a plusieurs griefs avec le royaume voisin des ‘’Ouemènou’’ pour des questions de terres. Décidé à mettre fin à cette situation, le roi Akaba décide d’attaquer les ‘’Ouemènou’’ en 1708. Il mène ses armées lors d’une campagne de plusieurs dizaines de jours. Malheureusement, Akaba décède juste avant la bataille finale de cette campagne, suite à une courte maladie. Sa sœur jumelle Tassi était présente lors du décès du roi. Consciente que l’annonce de la mort du roi démotiverait les soldats et donnerait à l’armée adverse un avantage certain sur les forces du Danxomé, elle décide, avec l’aide de quelques serviteurs, de garder secrète la mort du roi. Elle revêt alors ses habits royaux et décide de prendre sa place. A cause de la très forte ressemblance physique avec son frère, Tassi réussit à berner tous les généraux présents. Elle conduit l’armée à la bataille de Lisezoun, qu’elle remporte brillamment. Une fois la bataille terminée, elle révèle la mort du roi à ses frères. Dans un Danxomé très phallocrate, le fait que Tassi puisse s’asseoir sur le trône provoque des grincements de dents, notamment chez ses frères qui estiment qu’ils sont les plus aptes à succéder à Akaba, sachant que son fils Agbossassa est beaucoup trop jeune. Néanmoins, la victoire de Lisezoun confère une certaine légitimité à Tassi qui s’assied sur le trône de 1708 à 1711. « La tradition orale raconte qu’elle a régné pendant trois saisons de mil, la denrée la plus cultivée à cette époque dans la région », explique le Chef de l’office du tourisme d’Abomey. Trois saisons de mil équivalent, à peu de choses près, à quatre années. Naturellement, il y a eu de nombreuses dissidences. Tout a été fait pour forcer Tassi à abandonner le trône ou à lui compliquer son règne. Par exemple, son mariage a été annulé, sous prétexte que le souverain du Danxomé, ne pouvait devoir obéissance à personne. Tassi fut contrainte de choisir une de ses sœurs comme épouse pour son ex-mari. Deux des enfants mâles de la reine furent tués, pour éviter qu’ils réclament à l’âge adulte la succession au trône. C’est à la mort de son second fils, que Tassi décide de céder le pouvoir. Ceci, à condition que son neveu Agbossassa, fils d’Akaba devienne roi, une fois adulte. Cette condition est acceptée par le petit frère de Tassi, futur Agadja, qui doit assurer la régence jusqu’à la maturité du fils d’Akaba. « Il y a eu un documentaire,  » Hangbé, reine oubliée » réalisé par Arnaud Zohou, un Franco-béninois descendant de la famille HANGBE qui raconte assez bien l’histoire de Tassi. Sa mère est stéphanoise et son père avait pour nom de famille Zohou Hangbessi », commente Gabin Djimassè.

Tassi Hangbé abandonne le trône du Danxomé en 1711. Longtemps, l’histoire confondra son règne avec celui de son frère jumeau Akaba. Elle sera longtemps oubliée sur les peintures royales. Pourtant, son règne a été effectif. Son rôle dans l’histoire du Danxomé ne s’est d’ailleurs pas arrêté à ses quatre années de souveraineté. Elle continuera de faire entendre sa voix, notamment lorsque son frère Agadja refuse de respecter la condition qu’elle avait posée pour abdiquer à son profit.

Source: ecceafrica.com

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